Aux origines du Karaté

Karaté d'Okinawa, au centre des routes commerciales des Mers de ChineLe secret et les légendes qui entourent le développement des arts martiaux rendent difficile la reconstitution de l’histoire du Karaté. Le point commun à presque tous les arts martiaux est qu’ils puisent leur origine dans le temple de Shaolin.

Légende ou réalité, vers le début du VIème siècle, un moine bouddhiste venu d’Inde, du nom de Bodhidharma, arrive au monastère de Shaolin. Il initie ses disciples à des techniques respiratoires et leur apprend des exercices destinés à s’endurcir ainsi qu’à se défendre lors de leurs fréquents voyages.

L’enseignement de Bodhidharma, qui affirme que la vérité ultime ne saurait être atteinte sans le développement harmonieux du corps et de l’esprit, influença l’évolution ultérieure des arts martiaux. La légende raconte que, plus tard, le temple Shaolin fut détruit dans un incendie et que les moines survivants se dispersèrent à travers la Chine ; propageant leur art du combat sous le nom de Shaolin Su Kempo.

Carte de l'île d'Okinawa, berceau du Karaté

L’enseignement de maître à disciple se fait oralement et par l’intermédiaire des katas. Les pieds et les mains deviennent des armes redoutables ; le karatéka doit parfois rivaliser avec le sabre. Chaque mouvement est systématisé afin d’atteindre son efficacité maximale. Aucun artifice n’est conservé, tout souci esthétique est retranché. Les méthodes de luxation, de renversement et de strangulation sont reléguées au rang secondaire. Seul le coup fatal est conservé ; celui qui permet de vaincre à coup sûr l’adversaire.

L’étape la plus importante pour le développement de cet art fut franchie au début du XXème siècle par le Maître Asato Itosu qui réussit à introduire le Karaté comme complément à l’éducation physique dans les écoles de l’île.

C’est Gichin Funakoshi, originaire de Shuri, qui importa le karaté d’Okinawa au Japon. Son enseignement est assez proche de celui que l’on dispensait à Okinawa. Les transformations les plus flagrantes que l’on retrouve dans le Shotokan actuel sont dues à son fils Yoshitaka qui introduisit des exercices de combat et adapta la pratique du karaté à la tradition japonaise.

Frédéric Méjias

About the author

Frédéric Méjias étudie les arts martiaux depuis 1972. Il a eu la chance de travailler avec de grands maîtres tels que Taiji Kase, Kenyu Chinen, Hiroyuki Shinkaï et Syouzou Tominaga. Il enseigne depuis 1986 le Karaté Shotokan, Kobudō d'Okinawa et Shindo Muso Ryu Jōdō.

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