Le Saï

L’origine de cette arme, très représentée de l’Inde au Japon, en passant la péninsule indochinoise et même jusqu’en Malaisie, est assez contestée.

Certains veulent y voir un plantoir, dont la garde servirait de butoir, et qui permettait le repiquage des plants de riz. Mais, si l’on s’en réfère à l’histoire d’Okinawa, il est assez difficile d’imaginer que les paysans, à qui l’on avait supprimé tout usage d’objets en fer via le démantelement des forges, aient pu posséder de tels outils. Peut être faut-il voir dans le « plantoir » (en bois) le prototype, ou l’idée originelle de ce qui devint, vers le XVIème siècle, l’arme des fonctionnaires de police. En effet, un certain nombre de techniques sont des contres permettant le blocage d’une arme tranchante (couteau, sabre,… ).

Le saï est aussi une arme de lancé, utilisable sur une distance n’excédant pas une dizaine de mètres. Le lancé de Saï est plusieurs fois représenté dans les katas supérieurs enseignés à l’école ; de même que l’action de dégainer un Saï positionné, à la ceinture, de face ou de dos.

Comme pour le , la taille et le poids de l’arme doivent être adaptés à l’utilisateur. La « lame » doit « couvrir » l’avant bras quand le Saï est replié (position inverse ou Gyakute-Mochi). Par ailleurs, la forme et l’amplitude de la garde est très importante. Il arrive fréquemment qu’elle soit trop grande, ce qui rend la manipulation imprécise et nettement plus difficile ; sans parler de sa moindre efficacité pour bloquer et immobiliser une lame ou un bâton.


L’apprentissage du Saï se révèle assez physique. L’acier a une densité de 7,8 ; ce qui est près de 8 fois plus que le bois. Mais cette pratique apporte beaucoup pour la tonicité et la coordination neuro-musculaire. De plus, bien que de nombreux mouvements de Saï soient proches du Karaté, la maniement de cette arme pose aux karatékas un certain nombre de problèmes. Des mouvements, qui ressemblent à ceux du Karaté, si l’on n’y prête que peu d’attention, se révèlent bien plus spécialisés dans le détail. Ceux-ci, une fois maitrisés, permettent assez logiquement de progresser aussi dans l’art de la main vide.

Frédéric Méjias

About the author

Frédéric Méjias étudie les arts martiaux depuis 1972. Il a eu la chance de travailler avec de grands maîtres tels que Taiji Kase, Kenyu Chinen, Hiroyuki Shinkaï et Syouzou Tominaga. Il enseigne depuis 1986 le Karaté Shotokan, Kobudō d'Okinawa et Shindo Muso Ryu Jōdō.

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